comment obtenir un AESH pour enfant dys

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📌 L’essentiel à retenir
Obtenir un AESH nécessite un dossier solide et des démarches précises.
La décision de la CDAPH est rendue dans un délai légal de 4 mois.
Un AESH est recruté pour une durée de trois ans renouvelable.
L’AESH facilite l’accès aux apprentissages sans faire à la place de l’enfant.
L’Équipe de Suivi de Scolarisation permet d’ajuster le PPS et évoquer les difficultés.

Obtenir un accompagnant pour un enfant porteur de troubles dys n’a rien d’automatique : même avec un diagnostic posé par un spécialiste, les familles doivent souvent batailler plusieurs mois avant de voir leur demande aboutir. Entre les dossiers à constituer, les commissions à saisir et les délais d’attribution, beaucoup de parents se retrouvent démunis face à une procédure qu’ils découvrent au fil des obstacles.

Pourtant, des voies existent pour faire reconnaître les besoins de son enfant et obtenir la mise en place d’un AESH dans de bonnes conditions. Encore faut-il savoir par où commencer, quels interlocuteurs solliciter et comment formuler sa demande pour qu’elle soit prise au sérieux.

Depistage Scolaire fait le point sur les étapes clés pour obtenir un AESH lorsque son enfant est concerné par des troubles dys, de la première démarche auprès de l’école jusqu’à la décision de la MDPH.

Comprendre l’AESH : qui est-il et à quoi sert-il vraiment ?

Un AESH, pour Accompagnant des Élèves en Situation de Handicap, c’est la personne qui va être aux côtés de votre enfant en classe pour l’aider à suivre, à participer, à ne pas décrocher. Concrètement, il intervient en concertation avec l’enseignant, pas à la place de lui.

Il existe trois profils d’AESH selon les besoins de l’enfant :

  • L’AESH-i (individuel) : dédié à un seul élève, avec un temps d’accompagnement précisé par la CDAPH.
  • L’AESH-m (mutualisé) : partagé entre plusieurs élèves, le temps est défini par l’équipe pédagogique selon les besoins du moment.
  • L’AESH-co (collectif) : il intervient dans une classe ULIS, sous la responsabilité de l’enseignant coordonnateur.

Pour un enfant dys, c’est souvent l’AESH mutualisé qui est accordé en première intention, ce qui peut surprendre les parents qui espéraient un accompagnement individuel. Mais ne vous découragez pas : tout dépend du dossier que vous montez.

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À noter aussi : un AESH est recruté pour une durée de trois ans renouvelable, avec 60 heures de formation initiale. Ce n’est donc pas une présence improvisée, même si sur le terrain, les réalités fluctuent beaucoup d’un établissement à l’autre.

La MDPH : comment déposer un dossier solide (et éviter les pièges)

Pour obtenir un AESH, il faut passer par la Maison Départementale des Personnes Handicapées, la MDPH. C’est elle qui instruit le dossier et le transmet à la CDAPH (Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées), qui rend la décision finale.

La première chose à savoir : la décision de la CDAPH est rendue dans un délai légal de 4 mois. Si vous n’avez aucune réponse passé ce délai, cela équivaut automatiquement à un rejet. Oui, le silence vaut non. C’est brutal, mais c’est la règle.

Un dossier bien construit, c’est un dossier qui parle. Voici ce qu’il faut rassembler :

  • Les bilans orthophoniques, neuropsychologiques ou psychomoteurs qui attestent des troubles dys.
  • Un certificat médical récent, idéalement rédigé par un médecin qui connaît bien le dossier.
  • Le GEVASCO (formulaire scolaire rempli par l’école) qui décrit les difficultés observées en classe.
  • Tout document montrant l’impact des troubles sur la scolarité au quotidien.

Si la décision ne vous convient pas, vous avez exactement 2 mois pour exercer un recours administratif préalable obligatoire (RAPO). Ce recours s’appelle le RAPO, retenez ce mot, il peut changer la donne.

“Les missions de l’AESH et du Sessad sont précisées dans le Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS) de l’enfant, c’est ce document qui fait foi à l’école.”

Le PPS, justement, c’est votre boussole. Il formalise ce que l’AESH doit faire, dans quel cadre, et avec quels objectifs. Sans lui, l’accompagnement reste flou. Avec lui, tout le monde sait où il va.

Et si l’AESH ne suffit pas ? L’alternative du Sessad à connaître

L’AESH accompagne l’enfant à l’école, c’est son terrain. Mais les troubles dys ne s’arrêtent pas à la sonnerie. C’est là qu’intervient le Sessad, Service d’Éducation Spéciale et de Soins à Domicile, une équipe pluridisciplinaire qui suit l’enfant dans sa globalité.

Concrètement, le Sessad peut intervenir :

  • À domicile, pour travailler sur les apprentissages dans un cadre rassurant.
  • À l’école, en lien direct avec les enseignants.
  • Dans des lieux de vie comme la crèche ou le centre de loisirs.

L’équipe du Sessad peut inclure un pédopsychiatre, un psychomotricien, un orthophoniste, un kinésithérapeute ou encore un ergothérapeute. C’est une approche globale, et franchement, pour un enfant dys qui cumule plusieurs difficultés, ça peut faire une vraie différence.

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Dispositif Lieu d’intervention Profils concernés Demande via
AESH École (classe) Élèves avec notification CDAPH MDPH
Sessad Domicile, école, loisirs Enfants avec handicap reconnu MDPH

Les deux dispositifs ne sont pas forcément exclusifs, certains enfants bénéficient des deux en même temps, selon la sévérité des troubles et les décisions de la CDAPH. Dans tous les cas, c’est le PPS qui coordonne l’ensemble et garantit que tout le monde travaille dans le même sens.

L’AESH en pratique : ce qui se passe vraiment une fois en classe

Obtenir la notification CDAPH, c’est une chose. Mais ce qui se passe concrètement dans la classe, c’est une autre histoire. Et c’est souvent là que les parents se retrouvent un peu perdus, parce que personne ne leur a expliqué comment ça fonctionne au quotidien.

Le rôle exact de l’AESH (ce qu’il fait, ce qu’il ne fait pas)

L’AESH n’est pas un professeur particulier assis à côté de votre enfant pour lui souffler les réponses. Son rôle, c’est de faciliter l’accès aux apprentissages, pas de faire à la place. En pratique, pour un enfant dys, ça peut vouloir dire : reformuler une consigne à l’oral, aider à l’organisation du cartable, lire un texte à voix basse, ou encore aider à la prise de notes quand l’écriture est trop laborieuse.

L'AESH intervient sur la forme, pas sur le fond : il aide l'enfant à accéder au savoir, mais c'est l'enfant qui apprend.

Ce point est important parce que certains parents s’inquiètent que leur enfant devienne “dépendant” de l’AESH. C’est une vraie question, et elle mérite d’être posée lors de la réunion d’équipe éducative, qui est justement le bon moment pour cadrer les choses clairement avec l’enseignant et l’AESH.

L’ESS : la réunion que vous ne devez pas rater

L’Équipe de Suivi de Scolarisation, l’ESS, c’est la réunion annuelle (parfois plus fréquente) qui réunit les parents, l’enseignant, l’AESH, et souvent un enseignant référent. C’est là que le PPS est ajusté, que les difficultés sont évoquées, et que les adaptations sont revues.

  • Vous pouvez demander une ESS à tout moment si la situation évolue, vous n’avez pas à attendre la réunion annuelle.
  • L’enseignant référent de la MDPH est votre interlocuteur clé pour organiser cette réunion.
  • Apportez des exemples concrets : une dictée ratée, une leçon non copiée, un devoir non rendu à cause des difficultés de lecture.

Beaucoup de parents ne savent pas qu’ils ont ce droit de demander une ESS en dehors du calendrier habituel. Pourtant, l’enseignant référent MDPH est tenu d’organiser cette réunion dans un délai raisonnable dès lors qu’une demande est formulée. Notez-le, ça peut vous éviter d’attendre des mois en espérant que les choses s’arrangent toutes seules.

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Quand l’AESH n’est pas là : anticiper les absences

C’est un sujet que peu de guides abordent franchement : les AESH sont absents, parfois souvent, et ils ne sont pas systématiquement remplacés. Sachant que les remplacements d’AESH restent très aléatoires selon les académies, mieux vaut anticiper. Demandez à l’enseignant comment il gère la classe quand l’AESH est absent, et si des adaptations spécifiques sont prévues pour votre enfant dans ce cas. Ce n’est pas une question agressive, c’est une question légitime. Et la réponse vous dira beaucoup sur la façon dont l’équipe pédagogique s’est vraiment approprié le PPS de votre enfant.

Obtenir un AESH pour votre enfant : ce qu’il faut vraiment mettre dans le dossier

Premier point à comprendre : l’AESH n’est pas automatique. La MDPH ne l’accorde que si les aménagements pédagogiques classiques (temps supplémentaire, police agrandie, cours adaptés…) ne suffisent pas à compenser le handicap de votre enfant. Autrement dit, il faut démontrer que sans aide humaine, l’enfant est en difficulté malgré tout ce que l’école a déjà mis en place. C’est exactement pour ça que le GEVA-Sco doit mentionner les adaptations déjà essayées par les enseignants, ça prouve qu’on n’en est pas au premier recours.

Concrètement, trois documents font toute la différence dans un dossier solide. Le certificat médical doit indiquer explicitement la nécessité d’une aide humaine, pas juste le diagnostic, le mot “AESH” doit y apparaître. Les bilans des professionnels (orthophoniste, psychologue, ergothérapeute…) doivent eux aussi conclure dans ce sens. Et le projet de vie, c’est votre espace pour détailler les difficultés réelles de votre enfant à l’école : il n’arrive pas à suivre les consignes orales ? La prise de notes lui est impossible ? Il se perd dans l’organisation de son travail ? Écrivez-le noir sur blanc, avec des exemples concrets. Si les difficultés sont importantes, demandez directement une AESH individuelle (AESH-i) et justifiez le nombre d’heures dont votre enfant a besoin, vague, ça ne convainc pas.

« Plus le dossier est précis et cohérent entre tous les professionnels, plus la MDPH a les arguments pour dire oui. »

Et si la notification est accordée mais que l’AESH ne se met pas en place ? Ne restez pas sans réagir. Vous pouvez écrire à l’Inspecteur de l’Éducation nationale pour exiger l’application de la décision. En dernier recours, un recours contentieux devant le tribunal reste possible, c’est rare d’en arriver là, mais c’est un droit réel.

Enfants dys : comment les aider ?

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Karine Vardy
A propos de l'Auteur
Karine Vardy
Karine Vardy est psychologue diplômée avec une spécialisation au niveau Master. Forte d'une riche expérience académique et professionnelle, elle est reconnue pour son expertise approfondie en éducation. Son engagement envers la promotion du bien-être et de l'épanouissement des élèves l'a conduit à collaborer étroitement avec depistagescolaire.com.

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