méthode syllabique et méthode Borel-Maisonny pour enfant dyslexique

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📌 L’essentiel à retenir
La méthode syllabique aide les enfants dyslexiques à construire des repères solides.
La méthode Borel-Maisonny associe 34 gestes symboliques à chaque son pour un apprentissage multisensoriel.
Plus de 90 % des enfants savaient lire en fin de CP grâce à Borel-Maisonny.
Utiliser ces méthodes à la maison nécessite des séances de 10 à 15 minutes par jour.
L’orthophoniste reste essentiel pour un diagnostic précis et un suivi adapté.

Apprendre à lire représente une étape naturelle pour la plupart des enfants, mais pour ceux qui présentent une dyslexie, ce chemin demande un accompagnement pédagogique adapté et souvent très différent de l’enseignement classique. Parmi les approches reconnues par les professionnels de l’éducation et de la rééducation, la méthode syllabique et la méthode Borel-Maisonny occupent une place sérieuse et éprouvée.

Ces deux méthodes reposent sur des principes structurés qui aident l’enfant dyslexique à construire des repères solides entre les sons et les lettres, en passant par des voies sensorielles et kinesthésiques que la pédagogie traditionnelle n’exploite pas toujours suffisamment. Comprendre leurs mécanismes permet aux parents comme aux enseignants de mieux soutenir l’enfant dans son apprentissage de la lecture.

Depistage Scolaire fait le point sur ces deux méthodes, leurs principes fondateurs, leurs différences et la manière dont elles peuvent bénéficier concrètement aux enfants dyslexiques.

La méthode syllabique : c’est quoi exactement (et pourquoi ça change tout) ?

Quand un enfant dyslexique peine à lire, on cherche souvent une approche qui ne ressemble pas aux méthodes classiques. La méthode syllabique, c’est précisément ça : on part des sons pour aller vers les lettres, puis vers les syllabes, et enfin vers les mots. Pas l’inverse.

Ce qui est intéressant avec cette logique, c’est qu’elle respecte le rythme naturel de l’enfant. Plutôt que de lui demander de mémoriser des mots entiers d’un coup, on lui donne des briques de base qu’il peut assembler lui-même.

Concrètement, la progression ressemble à ça :

  • D’abord les sons simples : voyelles (a, e, i, o, u), puis consonnes continues et occlusives
  • Ensuite les sons complexes : diphtongues, voyelles nasales (an, on, in…)
  • Et enfin les graphies complexes (le fameux « eau » qui se lit « o »)
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C’est une progression logique, pas magique. Mais pour un enfant qui a du mal à décoder, cette structure claire est souvent une vraie bouffée d’air.

La méthode Borel-Maisonny : des gestes pour ancrer les sons (le corps apprend aussi)

Développée dans les années 60 par Suzanne Borel-Maisonny, orthophoniste française, cette méthode repose sur une idée simple mais puissante : associer un geste à chaque son. 34 gestes symboliques correspondent chacun à un phonème précis, ce qui permet à l’enfant de mobiliser plusieurs sens en même temps.

Les trois axes de la méthode sont :

  • Le phonème : ce que l’enfant entend
  • Le graphème : ce qu’il voit écrit
  • L’articulation : ce qu’il dit et ressent dans sa bouche

Ce triple ancrage, c’est exactement ce dont un enfant dyslexique a besoin. Son cerveau ne traite pas l’information comme les autres, alors lui donner trois portes d’entrée au lieu d’une seule, ça fait une vraie différence.

« Plus de 90 % des enfants savaient lire en fin de CP grâce à cette méthode », témoigne un enseignant ayant utilisé la progression Borel-Maisonny en classe.

Et ce n’est pas un cas isolé : 94 % des professionnels estiment que les résultats positifs viennent de ses dimensions visuelle et kinesthésique. Les orthophonistes et les enseignants spécialisés la plébiscitent depuis plus de 60 ans, ce qui n’est pas rien.

La méthode « Bien Lire et Aimer Lire », créée par Clotilde Silvestre de Sacy et directement fondée sur les travaux de Borel-Maisonny, propose une gamme complète d’outils :

Titre Prix
Bien lire et Aimer lire – Méthode CP/CE1 23,00 €
Affiche des gestes Bien Lire et Aimer Lire (édition 2018) 20,00 €
Mes exercices de lecture d’après la progression Borel-Maisonny 16,90 €
Bien lire et aimer lire – Les premières histoires 17,00 €
Les gestes pour découvrir la lecture dès 5 ans 17,00 €
Mon cahier de révision pour Bien Lire et Aimer Lire 9,90 €
Langage oral et écrit 25,90 €

Le livre « Ma méthode de lecture syllabique facile » (un outil pensé pour les enfants DYS)

Publié en janvier 2021 chez Hatier, dans la collection « Mon Primaire Facile Dys », le livre d’Evelyne Barge et Thomas Tessier s’adresse directement aux enfants de 6 à 9 ans (CP, CE1, CE2) qui ont des difficultés d’apprentissage. Ses 168 pages combinent méthode syllabique et outils visuels adaptés, et ça se voit dès la première page.

Ce qui distingue cet ouvrage, c’est qu’il ne mise pas sur un seul canal d’apprentissage. Il en utilise quatre en même temps :

  • Émotionnel : des « lettres déguisées » pour rendre les caractères moins intimidants
  • Kinesthésique : des cartes-mots à manipuler physiquement
  • Visuel : police OpenDyslexic, gestes Borel-Maisonny intégrés, pictogrammes, lettres muettes affichées en gris, fond jaune pour réduire la fatigue visuelle
  • Auditif : des textes de lecture enregistrés, disponibles en ligne
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Honnêtement, pour un parent qui cherche un outil à utiliser à la maison sans être orthophoniste, c’est rassurant de voir que tout est pensé pour être autonome.

616 676 exemplaires vendus, avec une note moyenne de 4,5 sur 5 pour 14 avis, dont 9 avis cinq étoiles sur 14. Le livre se trouve à 10,70 € neuf à la Fnac, ou dès 2,62 € en occasion, ce qui le rend accessible à presque tous les budgets.

« Un outil qui s’adapte à l’enfant, pas l’inverse. C’est exactement ce dont les enfants DYS ont besoin. »

En combinant la rigueur de la méthode syllabique avec les apports gestuels de Borel-Maisonny, ce type d’ouvrage offre une approche multisensorielle qui répond vraiment aux besoins spécifiques des enfants dyslexiques, sans les mettre en échec dès le départ.

Méthode syllabique et Borel-Maisonny : comment les utiliser concrètement à la maison ?

Vous avez compris l’intérêt de ces méthodes, c’est bien. Mais la vraie question que beaucoup de parents se posent, c’est : comment on fait, en pratique, quand on n’est pas orthophoniste ? Bonne nouvelle : ces approches sont conçues pour être utilisées aussi en dehors du cabinet.

Commencer par les gestes (même sans formation spécialisée)

La méthode Borel-Maisonny, ça peut faire peur au premier abord. Trente-quatre gestes à apprendre, ça semble beaucoup. Mais en réalité, on ne les apprend pas tous d’un coup. On commence par les sons les plus fréquents, le « a », le « m », le « s », et on avance progressivement, en suivant la logique syllabique. L’affiche des gestes Borel-Maisonny est justement conçue pour ça : l’accrocher dans la chambre ou au bureau de l’enfant, et s’y référer au fil des séances.

Un enfant qui associe un geste à un son l'oublie beaucoup moins vite qu'un enfant qui ne fait que le lire ou l'entendre.

C’est le principe même de la mémoire multisensorielle : plus on sollicite de canaux différents, plus l’information s’ancre. Et ça, ça ne demande pas de diplôme, juste un peu de régularité.

Organiser des séances courtes mais efficaces (la régularité bat l’intensité)

Avec un enfant dyslexique, inutile de prévoir des sessions d’une heure. C’est même contre-productif. Voici ce qui fonctionne mieux en pratique :

  • 10 à 15 minutes par jour, à heure fixe si possible (le cerveau aime les rituels)
  • Toujours commencer par réviser ce qui a déjà été appris avant d’introduire quelque chose de nouveau
  • Alterner un temps de lecture à voix haute et un temps de manipulation (cartes-mots, gestes)
  • Terminer sur une réussite, même petite, ça compte énormément pour la confiance
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Ce rythme, combinant méthode syllabique et gestes Borel-Maisonny, permet à l’enfant de progresser sans se sentir submergé. Et honnêtement, dix minutes bien utilisées valent largement une heure de découragement.

Savoir quand passer le relais à un professionnel (et pourquoi c’est complémentaire, pas contradictoire)

Utiliser ces outils à la maison, c’est précieux. Mais ça ne remplace pas un suivi orthophonique, surtout si la dyslexie est sévère. L’orthophoniste reste le professionnel de référence pour poser un diagnostic précis et adapter la progression à chaque profil. Ce que vous faites à la maison vient renforcer ce travail, pas le concurrencer. D’ailleurs, beaucoup d’orthophonistes encouragent les parents à utiliser les mêmes supports qu’eux, notamment les gestes Borel-Maisonny, pour assurer une continuité entre les séances. Travailler dans le même sens, avec les mêmes repères, c’est ce qui fait vraiment avancer l’enfant.

Quelle méthode choisir pour un enfant DYS (et pourquoi ça change tout) ?

Première chose à savoir : les méthodes globales ou mixtes, celles qui encouragent l’enfant à reconnaître les mots en entier sans les décomposer, sont déconseillées pour les enfants dyslexiques. Pourquoi ? Parce qu’elles contournent justement ce que l’enfant doit apprendre à faire : déchiffrer. C’est un peu comme apprendre à nager en évitant l’eau.

Les recherches du neuroscientifique Stanislas Dehaene le confirment clairement : les enfants formés avec une approche syllabique deviennent de meilleurs déchiffreurs. Concrètement, ça veut dire travailler son-par-son, syllabe-par-syllabe, plutôt que de mémoriser des formes de mots. La méthode Borel-Maisonny, qui associe chaque son à un geste, va dans ce sens et peut vraiment aider à ancrer les correspondances lettres-sons.

« Il n’existe pas de méthode miracle : chaque enfant dyslexique a un profil propre. »

Cela dit, un plan d’exercices de 5 à 10 minutes par jour combinant approche syllabique et Borel-Maisonny peut être une bonne base de départ, à condition de l’adapter à l’âge de l’enfant, à son niveau de lecture actuel et à ce qui est déjà travaillé avec son orthophoniste. Sans ces précisions, on risque de proposer quelque chose qui ne colle pas vraiment à sa réalité.

Codage des consonnes qui se prolongent. Phonologie. Méthode borel-maisonny.

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Karine Vardy
A propos de l'Auteur
Karine Vardy
Karine Vardy est psychologue diplômée avec une spécialisation au niveau Master. Forte d'une riche expérience académique et professionnelle, elle est reconnue pour son expertise approfondie en éducation. Son engagement envers la promotion du bien-être et de l'épanouissement des élèves l'a conduit à collaborer étroitement avec depistagescolaire.com.

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