Un enfant sur cinq présente des troubles dys, pourtant beaucoup d’entre eux traversent leur scolarité sans jamais bénéficier d’un aménagement adapté. Le Plan d’Accompagnement Personnalisé, dit PAP, existe précisément pour changer cela : il permet à l’école de tenir compte des difficultés liées à la dyslexie, la dyspraxie ou encore la dyscalculie, sans que l’enfant ait besoin d’une reconnaissance de handicap.
Obtenir ce dispositif demande pourtant de suivre un parcours précis, entre évaluations, démarches administratives et dialogue avec l’équipe enseignante. Beaucoup de familles ne savent pas par où commencer, ni à qui s’adresser pour faire reconnaître officiellement les besoins de leur enfant.
Depistage Scolaire fait le point sur les étapes concrètes pour obtenir un PAP en cas de troubles dys, de la première demande jusqu’à la mise en place des aménagements en classe.
Le PAP, c’est quoi exactement (et pour quel élève) ?
Le Plan d’Accompagnement Personnalisé, ou PAP, existe depuis la loi n° 2013-595 du 8 juillet 2013 sur la refondation de l’école. Concrètement, c’est un document officiel qui liste des aménagements pédagogiques adaptés à votre enfant, pour lui permettre de suivre les cours dans les meilleures conditions possibles.
Il s’adresse aux élèves du premier et du second degré, donc de la maternelle jusqu’au lycée, qui présentent des troubles durables des apprentissages : dyslexie, dysphasie, dyspraxie, et bien d’autres troubles dys. Ce n’est pas une solution de facilité, c’est une réponse concrète à une réalité neurologique.
Petite précision importante : le PAP n’est pas le seul dispositif qui existe. Si votre enfant a déjà un PPRE (programme personnalisé de réussite éducative) ou un PAI (projet d’accueil individualisé), et que ces outils ne suffisent plus, alors le PAP est probablement l’étape suivante. C’est justement pour les situations où les autres cadres ne sont pas adaptés.
Voici les aménagements les plus courants qu’un PAP peut prévoir :
- Temps supplémentaire lors des évaluations
- Usage d’un ordinateur en classe
- Cours adaptés (textes aérés, police agrandie)
- Repères visuels et moyens mnémotechniques
- Placement stratégique dans la classe
- Prise en charge extérieure sur le temps scolaire (orthophoniste, psychologue…)
Comment faire la demande concrètement (étape par étape) ?
Bonne nouvelle : la démarche est accessible à tous les parents, sans jargon administratif insurmontable. La demande peut venir de vous directement, ou être proposée par le conseil des maîtres ou le conseil de classe. Dans tous les cas, c’est le médecin scolaire qui valide le PAP, pas l’enseignant seul.
Pour lancer le processus, vous devez transmettre deux éléments à l’infirmière scolaire de l’établissement :
- Un bilan établi par un professionnel spécialisé (orthophoniste, neuropsychiatre, ergothérapeute, psychomotricien, graphothérapeute…)
- Le formulaire de demande de PAP, disponible auprès de l’établissement
Une fois ces documents remis, l’équipe du collège ou de l’école complète le dossier et le transmet au médecin scolaire. Après validation, le PAP est renseigné sur Pronote et communiqué à toute l’équipe pédagogique. Un entretien est ensuite organisé avec l’élève, sa famille, le professeur principal et un membre de la direction pour signer le document et faire le point sur les aménagements retenus.
Le PAP est révisé chaque année, ce n’est donc pas un document figé. Si la situation de votre enfant évolue, les aménagements peuvent être ajustés à chaque rentrée.
Et après le lycée, le PAP disparaît (ou pas) ?
C’est une question que beaucoup de familles se posent trop tard, souvent au moment de l’orientation. Rassurez-vous : le dispositif ne s’arrête pas brutalement à la sortie du lycée. Il se transforme en PAEH, le Plan d’Accompagnement de l’Étudiant Handicapé, pour les étudiants qui poursuivent dans l’enseignement supérieur.
| Type d’établissement supérieur | Dispositif applicable |
|---|---|
| Lycée en BTS, CPGE, DN MADE | PAEH |
| Université (licence, BUT) | PAEH |
| Grandes écoles | Contact direct avec le référent handicap |
Pour les grandes écoles, la démarche est légèrement différente : il faut contacter le référent handicap de l’établissement pour mettre en place les aménagements nécessaires. Chaque école gère cela à sa façon, donc mieux vaut anticiper dès la candidature.
Si vous vous sentez perdus dans toutes ces démarches, sachez qu’il existe un numéro vert gratuit : 0 805 805 110, dédié à l’accompagnement de la scolarisation des enfants en situation de handicap. Un vrai coup de pouce quand on ne sait plus par où commencer.
Le PAP ne suffit pas toujours : quand passer à la MDPH ?
Vous avez mis en place un PAP pour votre enfant, les aménagements sont en place, et pourtant… ça ne suffit pas. C’est une situation plus courante qu’on ne le pense, et il faut savoir qu’il existe un niveau de soutien supérieur.
Le PAP et la MDPH, ce n’est pas la même chose (et les deux peuvent coexister)
Beaucoup de familles croient que le PAP et la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) sont deux chemins différents, qu’il faut choisir l’un ou l’autre. En réalité, non. Un enfant peut très bien bénéficier d’un PAP à l’école ET d’une reconnaissance par la MDPH en parallèle. La MDPH, elle, ouvre la porte à des aides bien plus importantes : l’AEEH (allocation d’éducation de l’enfant handicapé), un AVS/AESH pour accompagner votre enfant en classe, ou encore un PPS (Projet Personnalisé de Scolarisation). Ce n’est pas une démarche à prendre à la légère, mais si les troubles de votre enfant impactent vraiment son quotidien au-delà de la simple adaptation pédagogique, ça vaut le coup d’y réfléchir sérieusement.
Si le PAP améliore les conditions d'apprentissage, la MDPH, elle, reconnaît officiellement le handicap et débloque des droits concrets.
Comment savoir si une démarche MDPH est pertinente pour votre enfant ?
Voici quelques signaux qui peuvent indiquer qu’il est temps d’aller plus loin que le PAP :
- Votre enfant est en grande difficulté malgré les aménagements déjà en place
- Il a besoin d’un accompagnement humain régulier en classe (aide à la concentration, à l’organisation…)
- Les bilans orthophoniques ou neuropsychologiques mentionnent un impact fonctionnel important
- Votre enfant souffre psychologiquement de sa situation scolaire (anxiété, décrochage, perte de confiance)
- Les professionnels de santé qui le suivent recommandent eux-mêmes cette démarche
Dans ce cas, le médecin scolaire ou votre pédiatre peut vous orienter. Gardez bien tous les bilans et comptes-rendus : ils constituent le dossier de base pour la MDPH.
Anticiper les transitions, c’est aussi ça, bien accompagner son enfant
Un détail que peu de parents connaissent : quand un enfant avec un PAP change d’établissement, par exemple en passant du CM2 à la 6e, le PAP ne se transfère pas automatiquement. Il faut refaire la démarche dans le nouvel établissement, en reprenant contact avec l’infirmière ou le médecin scolaire dès les premières semaines. Attendant parfois que les difficultés réapparaissent clairement, certaines familles perdent plusieurs mois précieux. Prenez les devants : signalez la situation dès l’inscription, transmettez les bilans existants, et demandez explicitement la reconduction du PAP. Un simple mail à la direction en début d’année peut suffire à enclencher le processus sans perdre de temps.
Le PAP (Plan d’Accompagnement Personnalisé) : qui peut en bénéficier et comment le demander ?
Le PAP s’adresse aux élèves qui rencontrent des difficultés scolaires liées à un TDA/H ou à des troubles dys, dyslexie, dyspraxie, dyscalculie, etc. C’est important de le distinguer du PAI, qui lui concerne les pathologies médicales comme les allergies ou le diabète : deux dispositifs différents, deux situations différentes.
Pour monter le dossier, il faut réunir plusieurs documents : des bilans médicaux ORL et ophtalmologiques, ainsi qu’un certificat de synthèse rédigé par le médecin traitant ou le pédiatre. Attention, les bilans doivent généralement dater de moins de 2 ans, un bilan trop ancien risque tout simplement d’être refusé.
La demande peut venir de l’équipe enseignante elle-même (le conseil des maîtres en primaire, le professeur principal au collège ou au lycée), mais aussi de la famille. Selon le niveau de scolarité, elle s’adresse au directeur d’école en primaire, ou au chef d’établissement ensuite. Concrètement : vous n’avez pas à attendre qu’on vous le propose, vous pouvez tout à fait en faire la demande vous-même.
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