comment mettre en place le tiers temps pour troubles dys

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📌 L’essentiel à retenir
Un élève sur cinq présente des troubles dys, souvent sans aménagements en examen.
Le tiers temps offre un temps supplémentaire d’un tiers lors des évaluations.
Environ 200 000 candidats bénéficient chaque année d’aménagements d’examen en France.
Un bilan orthophonique récent est essentiel pour toute demande d’aménagement.
Les aménagements pédagogiques quotidiens améliorent les conditions d’examen des élèves DYS.

Un élève sur cinq présente des troubles dys, pourtant beaucoup d’entre eux arrivent encore en salle d’examen sans aucun aménagement prévu. Le tiers temps est une mesure concrète, encadrée par la loi, qui permet à ces élèves de bénéficier d’un temps supplémentaire lors des évaluations pour compenser leurs difficultés de lecture, d’écriture ou de traitement de l’information.

Mettre en place ce dispositif demande de suivre un parcours précis, entre les professionnels de santé, l’école et les instances académiques. Chaque étape compte, et un dossier mal constitué peut retarder la reconnaissance des droits de l’enfant pendant plusieurs mois.

Depistage Scolaire fait le point sur les démarches à suivre pour obtenir et activer le tiers temps lorsqu’un trouble dys a été diagnostiqué.

Le tiers temps pour les DYS (c’est quoi exactement et qui peut en bénéficier ?)

Le tiers temps, c’est simplement du temps supplémentaire accordé lors des examens, exactement un tiers de la durée normale. Concrètement, si une épreuve dure 3 heures, elle passe à 4 heures. Si elle dure 2 heures, elle passe à 2h40. Pas de magie, juste du bon sens.

Ce dispositif s’adresse à des profils bien précis. Voici les publics qui peuvent en bénéficier :

  • Les élèves et étudiants reconnus en situation de handicap par la MDPH
  • Les candidats avec des troubles spécifiques du langage et des apprentissages (dyslexie, dyspraxie, dysorthographie…)
  • Les étudiants atteints de maladies chroniques ou de problèmes de santé graves

Et pour être clair sur les chiffres, voici ce que ça donne en pratique :

Durée sans tiers temps Durée avec tiers temps Temps gagné
1 heure 1 heure 20 + 20 minutes
2 heures 2 heures 40 + 40 minutes
3 heures 4 heures + 60 minutes
4 heures 5 heures 20 + 80 minutes

Ce n’est pas un avantage injuste, c’est simplement rétablir une égalité des chances pour des élèves qui, sans ce temps, partent avec un handicap réel face à leurs camarades.

Ce qui est frappant, c’est l’ampleur du phénomène : environ 200 000 candidats bénéficient chaque année d’aménagements d’examen en France, et les troubles DYS et TDAH représentent les deux premiers motifs de demande. Vous n’êtes donc vraiment pas seul dans cette situation.

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PAP ou PPS (quel dispositif choisir pour votre enfant DYS ?)

Avant même de parler du tiers temps aux examens, il faut poser les bases à l’école. Deux dispositifs principaux existent, et ils ne fonctionnent pas du tout de la même façon. Voici un tableau comparatif pour y voir clair :

Critère PAP PPS
Reconnaissance MDPH obligatoire Non Oui
Qui décide ? Famille + école Équipe pluridisciplinaire MDPH
Aménagements pédagogiques Oui Oui
Aides matérielles ou humaines (AESH…) Non Oui
Délai de mise en place 2 à 4 semaines 2 à 3 mois
Durée de validité 1 an (renouvelable) 1 à 5 ans selon les cas

Le PAP, c’est la voie rapide et accessible. Pas besoin de passer par la MDPH, la famille et l’école décident ensemble. Environ 70 % des enfants DYS scolarisés bénéficient d’un PAP sans avoir besoin d’un PPS complet, ce qui montre bien que c’est souvent suffisant pour la majorité des situations.

Le PPS, lui, est plus lourd à mettre en place mais bien plus complet. Il permet notamment d’obtenir un AESH (accompagnant des élèves en situation de handicap) ou du matériel spécialisé. Si votre enfant a des besoins importants, ne vous arrêtez pas au PAP par facilité, le jeu en vaut la chandelle, même si le délai de 2 à 3 mois peut sembler long.

Comment faire la demande concrètement (les étapes à ne pas rater)

Attention, point capital : le tiers temps n’est jamais automatique, même si votre enfant a déjà un PAP ou un PPS en place. Chaque examen nécessite une demande spécifique, et chaque académie a ses propres délais. Autant le savoir maintenant plutôt que de se retrouver à la dernière minute.

Voici les étapes à suivre dans l’ordre :

  • Prendre contact avec l’établissement scolaire ou l’instance organisatrice de l’examen le plus tôt possible
  • Fournir un certificat médical récent décrivant précisément le trouble et les aménagements recommandés
  • Renouveler la demande pour chaque examen concerné (brevet, bac, BTS…)

Au-delà du tiers temps, d’autres aménagements peuvent être demandés en même temps. C’est souvent là que les familles passent à côté de quelque chose d’utile :

  • L’utilisation d’un ordinateur (pour les élèves dyspraxiques, dysgraphiques ou dysorthographiques)
  • L’aide d’un secrétaire pour écrire sous dictée ou assister à la lecture
  • L’adaptation des supports : agrandissement des caractères, mise en page aérée
  • L’étalement des épreuves sur plusieurs sessions en cas de fatigabilité importante

Ne demandez pas seulement le tiers temps par réflexe, prenez le temps de lister tous les besoins réels de votre enfant et demandez l’ensemble des aménagements pertinents en une seule fois.

La procédure a été simplifiée pour certains profils, mais elle peut tout de même nécessiter des pièces médicales détaillées. Les troubles DYS et TDAH sont les deux premiers motifs de demande d’aménagement d’examen en France, ce qui signifie que les équipes éducatives connaissent bien ces dossiers. N’hésitez pas à vous appuyer sur elles, elles ont l’habitude.

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Le bilan orthophonique : le document clé pour déclencher tout le reste

Sans diagnostic officiel, rien ne bouge. C’est la réalité, et autant l’accepter dès le départ. Avant de parler de tiers temps, de PAP ou de MDPH, il faut un document médical solide qui décrit précisément le trouble de votre enfant. Et ce document, c’est dans la grande majorité des cas le bilan orthophonique.

Un bilan orthophonique récent (de moins de 2 ans en général) est le point de départ indispensable pour toute demande d'aménagement d'examen liée à un trouble DYS.

Ce bilan n’est pas juste un papier administratif : il décrit le profil exact de l’enfant, ses points faibles, ses compensations, et surtout les aménagements recommandés. Un bilan vague ou trop ancien peut bloquer une demande, même si le trouble est réel. Pensez donc à le renouveler régulièrement, surtout à l’approche d’un examen important.

Qui contacter en premier (et dans quel ordre pour ne pas perdre de temps)

C’est souvent là que les familles se perdent : elles ne savent pas à qui s’adresser en premier. Voici un ordre logique pour avancer efficacement :

  • Le médecin scolaire : c’est lui qui valide médicalement les aménagements au sein de l’établissement, notamment pour le PAP
  • L’enseignant référent (si un PPS est envisagé) : il fait le lien entre la famille et la MDPH
  • Le chef d’établissement ou le directeur : il formalise la demande et transmet au rectorat pour les examens nationaux
  • La MDPH : uniquement si vous visez un PPS ou des aides humaines et matérielles plus lourdes

Beaucoup de parents commencent par la MDPH pensant que c’est obligatoire. Ce n’est pas toujours le cas, et cela rallonge inutilement les délais pour des situations qui pourraient être réglées en quelques semaines via le médecin scolaire.

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Ce qui change vraiment en classe (au-delà des examens)

Le tiers temps, c’est surtout connu pour les examens, mais les aménagements au quotidien en classe sont tout aussi importants, voire plus. Un enfant DYS qui bénéficie d’adaptations régulières tout au long de l’année arrive aux examens dans de bien meilleures conditions. Ignorer cette dimension, c’est soigner le symptôme sans traiter la cause.

Concrètement, les aménagements pédagogiques du quotidien peuvent inclure des polices adaptées comme OpenDyslexic ou Arial, des interlignes élargies, des évaluations orales en complément des écrits, ou encore la tolérance sur l’orthographe dans les matières non linguistiques. Ce sont des ajustements simples, souvent peu coûteux, mais qui changent vraiment le rapport de l’enfant à l’école. Et ça, ça ne s’obtient pas automatiquement : ça se demande, ça se négocie, et ça se formalise par écrit dans le PAP ou le PPS.

Tiers temps : ce que le dossier médical doit vraiment dire (et ce qu’on oublie souvent)

Premier point fondamental : écrire simplement « dyslexie » ou « dysgraphie » dans un rapport médical, ça ne suffit pas. Le bilan paramédical doit aller plus loin et expliquer concrètement les répercussions fonctionnelles, vitesse de lecture réduite, erreurs fréquentes, fatigabilité, lenteur d’écriture. En clair, le médecin ou l’orthophoniste doit démontrer pourquoi ce trouble précis justifie du temps supplémentaire. Sans ça, le dossier risque fort d’être refusé ou renvoyé.

Autre détail que beaucoup ignorent : dans des cas exceptionnels, la majoration de temps peut dépasser le tiers habituel, à condition d’une demande médicale motivée et si l’organisation de l’épreuve le permet. Ça reste rare, mais ça existe, et ça vaut la peine de le savoir si la situation est vraiment complexe. Les documents médicaux, eux, sont toujours transmis sous pli confidentiel, ce qui protège la vie privée du candidat.

« Le tiers temps ne s’applique pas qu’à la durée globale : il peut aussi couvrir le temps de préparation à l’oral, la lecture des consignes, ou les pauses entre sections. »

Côté organisation pratique, les candidats concernés bénéficient d’une pause d’au moins une heure entre deux épreuves le même jour, et peuvent démarrer en léger décalage par rapport aux autres. Pour les enfants non scolarisés, le dossier passe par la MDPH. Pour l’enseignement supérieur ou un concours, le bon interlocuteur est le référent handicap de l’établissement, qui orientera ensuite vers le service de santé étudiante ou le médecin agréé.

Aménagements aux examens pour dys et tdah : comment ça se passe ?

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Karine Vardy
A propos de l'Auteur
Karine Vardy
Karine Vardy est psychologue diplômée avec une spécialisation au niveau Master. Forte d'une riche expérience académique et professionnelle, elle est reconnue pour son expertise approfondie en éducation. Son engagement envers la promotion du bien-être et de l'épanouissement des élèves l'a conduit à collaborer étroitement avec depistagescolaire.com.

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