Obtenir un bilan neuropsychologique pour des troubles dys reste un parcours semé d’obstacles pour de nombreuses familles : listes d’attente longues, professionnels peu visibles, et confusion entre les différents intervenants capables de réaliser cet examen. Pourtant, ce bilan est souvent la première étape concrète pour comprendre les difficultés d’un enfant et lui ouvrir l’accès à des aides adaptées.
Neuropsychologue libéral, centre hospitalier, CMPP ou plateforme dédiée aux troubles du neurodéveloppement : les structures compétentes existent, mais elles ne se valent pas toutes selon le profil de l’enfant, l’urgence de la situation ou les ressources financières des parents. Savoir vers qui se tourner en premier peut faire gagner un temps précieux.
Depistage Scolaire fait le point sur les différents endroits où réaliser un bilan neuropsychologique pour troubles dys, pour aider les familles à trouver la bonne porte d’entrée.
Quand faut-il penser à un bilan neuropsychologique (et pourquoi c’est important) ?
Votre enfant lit lentement, confond les lettres, n’arrive pas à retenir ses tables de multiplication malgré des heures de travail ? Ce n’est pas forcément une question de motivation ou de paresse. Ça peut être le signe d’un trouble DYS, et c’est exactement ce qu’un bilan neuropsychologique permet de mettre en lumière.
Concrètement, ce bilan s’impose quand on observe certains signaux qui ne disparaissent pas avec le temps :
- Un retard dans le développement du langage, de la motricité fine ou de l’écriture
- Des difficultés persistantes en lecture, orthographe ou calcul
- Une absence de progrès malgré un suivi chez un orthophoniste
- Un échec scolaire inexplicable chez un enfant pourtant investi et attentif
Le bilan répond à trois questions très précises : les difficultés observées sont-elles d’ordre pathologique ? S’agit-il d’un trouble cognitif global ou spécifique ? Et pourquoi cet enfant bute-t-il précisément sur ces domaines-là ? Ce n’est pas un simple test de QI, c’est une exploration complète qui dure entre 3 et 6 heures, incluant entretien clinique et tests adaptés, avec des résultats comparés aux normes établies pour des enfants du même âge.
« Le bilan neuropsychologique ne pose pas un jugement sur l’intelligence de l’enfant. Il cherche à comprendre comment son cerveau fonctionne pour mieux l’aider. »
Où faire ce bilan (les options concrètes, avec leurs avantages et limites) ?
Bonne question, et souvent la plus compliquée à résoudre. Il existe plusieurs portes d’entrée, mais elles ne se valent pas toutes en termes de délais, de coût et d’accessibilité.
- Les SESSAD (Services d’Éducation Spéciale et de Soins à Domicile) : ils peuvent réaliser ce bilan gratuitement, pris en charge par la Sécurité sociale. L’inconvénient ? Les listes d’attente peuvent être très longues selon les régions.
- Les neuropsychologues en libéral : plus rapides à obtenir, mais non remboursés par la Sécurité sociale. Comptez un budget à prévoir, parfois partiellement couvert par une mutuelle.
- Les associations spécialisées comme Coridys : elles orientent, accompagnent et peuvent proposer des ressources expertes sur les troubles cognitifs, notamment pour les familles qui ne savent pas par où commencer.
Le point de départ recommandé reste le médecin traitant ou un professionnel de la rééducation déjà en charge de l’enfant. Ce sont eux qui orientent vers le bon interlocuteur selon le profil et les besoins spécifiques.
| Structure | Coût | Délai moyen | Remboursement |
|---|---|---|---|
| SESSAD | Gratuit | Long (variable selon région) | Oui (Sécurité sociale) |
| Neuropsychologue libéral | Payant | Plus court | Non (sauf mutuelle) |
| Association (ex. Coridys) | Variable | Variable | Partiel selon dispositif |
Coridys, dont le nom signifie littéralement Coordination des intervenants auprès des personnes souffrant de dysfonctionnements neuropsychologiques, propose aussi des ateliers neuro-ludiques à 15 € pour les adultes avec troubles cognitifs, ainsi que des ateliers dédiés aux parents d’enfants de 5 à 13 ans. Une ressource à ne pas négliger si vous vous sentez seul face au diagnostic.
Que se passe-t-il après le bilan (les outils, les suites, les solutions) ?
Une fois le bilan réalisé, on ne repart pas les mains vides avec juste un rapport de 20 pages incompréhensible. L’objectif, c’est d’élaborer des stratégies concrètes et adaptées pour soutenir l’enfant, à l’école, à la maison, et dans sa vie sociale.
Les domaines explorés lors du bilan sont nombreux et couvrent bien plus que la simple lecture ou l’écriture :
- Bilan intellectuel (QI)
- Trouble du spectre de l’autisme (TSA)
- Trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H)
- Difficultés scolaires et remédiation cognitive
- Bilan sensoriel et bilan différentiel
- Bilan mémoire (notamment pour les personnes âgées)
Pour évaluer tout cela, le neuropsychologue dispose d’une batterie de tests psychométriques reconnus, parmi lesquels le WISC V, NEPSY 2, TEA-CH, ADOS-2 ou encore l’Échelle de Conners, chacun ciblant une fonction cognitive précise. Ce n’est pas un seul test, c’est une combinaison choisie selon le profil de la personne évaluée.
Le suivi qui suit le bilan peut durer de quelques semaines à plusieurs mois, selon les besoins identifiés. Certains praticiens proposent également des programmes de remédiation cognitive structurés, comme le programme COGMED, pour travailler directement sur les fonctions déficitaires. Autrement dit, le bilan n’est pas une fin en soi, c’est le point de départ d’un accompagnement qui fait vraiment la différence.
Le bilan neuropsychologique : qui peut le réaliser (et comment ne pas se tromper de professionnel) ?
Quand on cherche où faire un bilan pour son enfant, une question revient souvent : mais qui est vraiment qualifié pour le faire ? Et c’est une excellente question, parce que tout le monde ne peut pas réaliser un bilan neuropsychologique valide. Un test de QI trouvé en ligne ou une évaluation rapide chez un généraliste, ça ne compte pas.
Le neuropsychologue : un professionnel très spécifique (pas à confondre avec d’autres)
Le neuropsychologue est un psychologue spécialisé, titulaire d’un master 2 en neuropsychologie, souvent complété par une formation clinique approfondie. Ce n’est pas un psychiatre, ce n’est pas un orthophoniste, et ce n’est pas non plus un psychologue scolaire, même si tous ces professionnels jouent un rôle utile dans l’accompagnement des troubles dys. La différence, c’est que le neuropsychologue est formé spécifiquement pour administrer, coter et interpréter des batteries de tests standardisés. C’est lui, et seulement lui, qui peut rendre un bilan neuropsychologique opposable, c’est-à-dire reconnu par l’Éducation nationale pour obtenir des aménagements scolaires.
Un bilan réalisé par un professionnel non habilité ne sera pas reconnu par l'école pour mettre en place un PAP ou un PPS.
Pour vérifier qu’un praticien est bien neuropsychologue, vous pouvez consulter l’annuaire de la Fédération Française des Psychologues et de la Psychologie (FFPP) ou demander directement son titre lors du premier contact. Un professionnel sérieux ne s’en offusquera pas.
Les structures hospitalières : une option souvent oubliée (mais qui existe)
Entre le libéral et les SESSAD, il y a une troisième voie que beaucoup de familles ignorent : les services hospitaliers spécialisés. Certains CHU et hôpitaux pédiatriques disposent d’unités dédiées aux troubles des apprentissages, parfois appelées CRTLA (Centres de Référence des Troubles des Apprentissages). Ces centres regroupent plusieurs spécialistes, neuropsychologue, orthophoniste, neuropédiatre, qui travaillent ensemble sur le même dossier.
- Avantage principal : la prise en charge est pluridisciplinaire et remboursée par la Sécurité sociale
- Inconvénient réel : les délais peuvent dépasser 12 à 18 mois dans certaines régions
- Astuce concrète : demandez à votre médecin traitant une orientation spécifique vers un CRTLA, pas juste vers un « spécialiste »
Certes, l’attente est longue, mais le niveau d’expertise de ces centres est souvent difficile à égaler en libéral, notamment pour les profils complexes ou les doubles diagnostics.
Préparer le bilan : ce qu’on apporte, ce qu’on dit (pour ne pas repartir avec un résultat incomplet)
Un bilan neuropsychologique réussi, ça se prépare. Avant le rendez-vous, rassemblez les bulletins scolaires des deux ou trois dernières années, les éventuels comptes rendus d’orthophoniste ou de médecin, et notez les observations concrètes que vous avez faites à la maison. Le neuropsychologue a besoin de contexte pour interpréter correctement les résultats des tests. Un enfant fatigué, stressé ou qui n’a pas mangé ce matin-là peut obtenir des scores qui ne reflètent pas sa réalité. Pensez aussi à prévenir votre enfant de ce qui l’attend : pas une punition, pas un examen noté, juste des jeux et des exercices pour mieux comprendre comment il fonctionne. Cette petite phrase change tout à son attitude le jour J.
Où faire un bilan dys (et par qui commencer) ?
Si vous ne savez pas par où commencer, le médecin scolaire est souvent le premier interlocuteur à solliciter : il peut orienter vers les bons professionnels sans que vous ayez à chercher seul dans le vide. C’est gratuit, accessible, et ça évite de tourner en rond pendant des mois.
Côté cabinets spécialisés, quelques structures se distinguent clairement. La Maison du Bilan (Paris 9) propose des bilans neuropsychologiques complets pour repérer les troubles des apprentissages et ce qui va souvent avec. PedagoPsy (Paris 17, Saint-Germain-en-Laye ou Orléans) est orientée évaluations pour les troubles dys spécifiquement. Et si vous cherchez un lieu qui accueille aussi bien les enfants que les adultes, ce qui n’est pas si courant , le Centre NeuroDiv’ (Paris 19) couvre les TND au sens large, dys comme TDAH.
« Pas besoin d’habiter Paris pour accéder à un bilan sérieux : la région lyonnaise et Villefranche disposent aussi de cabinets de neuropsychologie ciblés sur la dyslexie et les troubles associés. »
Ce qui change d’un cabinet à l’autre, c’est souvent la spécialisation et la zone géographique, pas forcément la qualité. Autrement dit, mieux vaut un bon cabinet à 40 km qu’une longue attente dans une structure parisienne saturée.
Qu'est-ce que le bilan neuropsychologique

