Les fautes d’orthographe dans les mots des parents à l’école

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📌 L’essentiel à retenir
Les élèves d’aujourd’hui font 25 % plus de fautes qu’il y a une génération.
70 % des élèves de CM2 éprouvent des difficultés en orthographe.
Les accords représentent 60 % des fautes d’orthographe observées.
90 % des parents corrigent mal les fautes d’orthographe de leurs enfants.
Les enfants intègrent que l’orthographe n’est pas importante en observant leurs parents.

Un mot griffonné en bas d’un carnet, un message glissé dans le sac de l’enfant, un mail envoyé à la maîtresse en vitesse entre deux réunions : les écrits des parents vers l’école sont souvent courts, spontanés, et parfois truffés de fautes d’orthographe. Ce n’est pas un jugement, c’est une réalité que beaucoup d’enseignants observent au quotidien, et qui mérite qu’on s’y arrête sans tabou.

Car derrière ces erreurs, il y a des histoires très différentes : des parents peu à l’aise avec l’écrit, d’autres pressés, certains dont le français n’est pas la langue maternelle, et quelques-uns tout simplement convaincus que ça n’a pas grande importance. Sauf que l’école, elle, lit ces mots. Et les enfants aussi, parfois.

Depistage Scolaire fait le point sur ce phénomène discret mais révélateur, ses causes, ses effets sur l’image parentale et sur les enfants, et la façon dont l’école peut en tenir compte avec bienveillance.

L’orthographe en chute libre : les chiffres qui font réfléchir (et un peu peur)

Les études intergénérationnelles basées sur des dictées comparatives sont sans appel : les élèves d’aujourd’hui font 25 % plus de fautes que leurs parents au même âge. Ce n’est pas une impression, c’est mesuré, noir sur blanc.

Et si on zoome sur le CM2, le constat est encore plus frappant. 70 % des élèves de CM2 ont des difficultés en orthographe, contre 50 % il y a trente ans pour la même classe. En une génération, le niveau a donc reculé de 20 points. Ça donne à réfléchir, non ?

Mais où se situent exactement les erreurs ? Les dictées révèlent une répartition assez claire des types de fautes :

Type d’erreur Part dans les fautes totales
Accords (genre, nombre, conjugaison) 60 %
Homophones (son/sont, a/à, etc.) 20 %
Ponctuation 15 %
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Les accords représentent donc à eux seuls les trois quarts du problème. C’est précisément là qu’il faut concentrer les efforts, plutôt que de tout corriger en vrac.

Ce que font les parents (et pourquoi ça ne marche pas vraiment)

Voilà quelque chose d’assez surprenant : 90 % des parents font la même erreur en corrigeant une faute d’orthographe chez leur enfant. Et ce n’est pas une question de mauvaise volonté, c’est juste un réflexe naturel mais peu efficace.

Ces réflexes courants, on les connaît tous :

  • Répéter le mot correctement à voix haute
  • Faire recopier la correction cinq ou dix fois
  • Dire simplement « fais attention la prochaine fois »

Le problème, c’est que ces méthodes n’aident pas vraiment le cerveau de l’enfant à ancrer la bonne forme. Le cerveau a besoin de comprendre la règle, pas juste de la voir passer.

« Comprendre pourquoi une erreur est fréquente, adopter de meilleures pratiques, et aider l’enfant sans le mettre en échec ni en conflit : voilà ce que propose une approche orthophonique. »

L’idée n’est pas de culpabiliser les parents, ils font de leur mieux, c’est évident. Mais changer légèrement sa façon de réagir face à une faute peut vraiment changer la donne pour l’enfant.

Des solutions concrètes pour progresser (sans que ça devienne une corvée)

Bonne nouvelle : il existe des méthodes simples, testées et souvent ludiques, pour aider un enfant à progresser en orthographe. Voici les plus efficaces, classées par type d’approche :

Écrire un peu chaque jour

Pas besoin d’une heure de rédaction. Quelques lignes suffisent : raconter sa journée, inventer une courte histoire, décrire un personnage. L’important, c’est la régularité.

Lire, lire, et encore lire

Les grands lecteurs sont statistiquement meilleurs en orthographe. Et pas besoin de romans classiques : les magazines pour enfants, les bandes dessinées, les mangas ou même les recettes de cuisine font très bien l’affaire.

Jouer avec les lettres

C’est peut-être la méthode la plus agréable. Plusieurs jeux de société enrichissent le vocabulaire tout en améliorant l’orthographe :

  • Scrabble
  • Bananagrams
  • Boggle
  • Jarnac
  • Tic-Tac Boum
  • Mixmo

Il existe aussi des jeux spécialement conçus pour les enfants dyslexiques ou dysorthographiques, dès 7 ans, pensés pour comprendre la formation des mots sans pression.

Varier les formes de dictée

La dictée classique peut bloquer certains enfants. Deux alternatives plus douces : la dictée à trous (on complète les mots manquants) et la dictée flash (une seule phrase, pas plus). Moins de stress, autant d’efficacité.

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Utiliser le numérique intelligemment

L’application Hootop propose un entraînement quotidien en orthographe sous forme ludique. Et pour les mots vraiment récalcitrants, deux astuces mémorables : les dessiner pour activer la mémoire visuelle, ou les épeler en chanson pour la mémoire auditive. Ça peut sembler enfantin, mais ça fonctionne vraiment.

Les fautes des parents dans les mots à l’école : faut-il vraiment s’en inquiéter ?

Un mot griffonné à la va-vite dans le carnet de liaison, une note oubliée dans le sac… Les parents écrivent régulièrement à l’école, et pas toujours sans fautes. Mais ce que peu de gens réalisent, c’est que ces écrits ont un impact bien plus large qu’on ne le pense.

Le mot à l’enseignant : un miroir (souvent inconscient) du rapport à l’écrit

Quand un parent rédige un mot d’absence ou une demande de rendez-vous, il ne pense pas à son orthographe. Il pense à ce qu’il veut dire, vite, entre deux obligations. C’est tout à fait normal. Pourtant, les enseignants reçoivent en moyenne plusieurs dizaines de mots écrits par semaine, et les fautes y sont fréquentes : accords manquants, homophones confondus, ponctuation absente.

Ce n'est pas un jugement sur l'intelligence des parents, c'est simplement le reflet d'un rapport à l'écrit qui s'est transformé avec le temps et les usages numériques.

Le SMS et les messageries instantanées ont habitué tout le monde à écrire vite, sans relecture, avec des abréviations. Résultat : ce réflexe déborde parfois sur des écrits qui, eux, méritent un peu plus d’attention.

Ce que l’enfant observe (et retient, sans qu’on lui dise rien)

Les enfants sont de fins observateurs. Voyant un parent écrire sans hésitation, sans se relire, ils intègrent inconsciemment que l’orthographe n’est pas si importante. À l’inverse, un parent qui prend trente secondes pour relire son message avant de l’envoyer envoie un signal fort : l’écrit mérite qu’on y fasse attention.

Voici quelques comportements simples qui font une vraie différence au quotidien :

  • Se relire à voix basse avant d’envoyer un message ou un mot à l’école
  • Utiliser le correcteur orthographique comme outil de vérification, pas de remplacement
  • Demander à l’enfant de lire le mot avec soi, en faisant semblant de vouloir son avis
  • Reconnaître une faute à voix haute quand on la repère : « Tiens, j’avais mal écrit ce mot »
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Ce dernier point est souvent sous-estimé. Admettre qu’on se trompe, c’est montrer à l’enfant que l’erreur n’est pas une honte, mais une étape normale de l’apprentissage.

Corriger ses propres fautes sans se flageller (ni ignorer le problème)

Beaucoup de parents adultes gardent des lacunes en orthographe depuis l’école. Ce n’est ni rare ni définitif. Des applications comme Orthodidacte ou Projet Voltaire proposent des parcours adaptés aux adultes, courts et progressifs, sans avoir l’impression de retourner en classe. Quelques minutes par jour suffisent pour consolider les règles les plus utiles, notamment les accords et les homophones, qui représentent, rappelons-le, l’essentiel des erreurs courantes.

Acceptant de travailler sur ses propres bases, un parent devient naturellement plus à l’aise pour accompagner son enfant, sans fausse autorité ni gêne. Et ça, l’enfant le ressent immédiatement.

Les mots d’excuse des parents (un trésor comique qui mérite vraiment qu’on s’y arrête)

Il existe un livre qui fait beaucoup rire dans les salles des profs : Mots d’excuse, les parents écrivent aux enseignants, publié chez François Bourin Éditeur, et dont le succès a même justifié un second tome. Le principe est simple : des parents rédigent des billets pour justifier l’absence ou le retard de leur enfant, et le résultat est… disons, savoureux. On y trouve par exemple cette perle : “Absence de Bénédicte pour cause de mal au doigt. Salutations distinguées.” Difficile de faire plus laconique.

“Excusez le retard de Léo, c’est moi qui lui ai interdit de mettre son réveil, parce que ça nous réveille.”

Ce qui rend ces messages si drôles, c’est leur franchise totale, parfois involontaire. Un parent explique que sa fille n’a pas de lentes dans les cheveux, “c’est juste des paillettes du réveillon”. Un autre justifie l’absence du vendredi parce que la famille a dû franchir la Loire, et donc, logiquement, “faire le pont”. Sans oublier celui qui suggère à l’enseignant “peut-être un problème de cromosomes” avant d’ajouter, avec une générosité désarmante : “Je suis désolée pour vous.”

Amusant, certes, mais la situation a aussi son revers. Sur les forums d’enseignants, certains signalent que des parents n’hésitent pas à relever les fautes d’orthographe des maîtresses, citant des formulations comme “les livres ont été donné” ou “empéché”. Autrement dit, tout le monde joue avec la langue à sa façon, et l’école n’a pas le monopole des approximations.

Karine Vardy
A propos de l'Auteur
Karine Vardy
Karine Vardy est psychologue diplômée avec une spécialisation au niveau Master. Forte d'une riche expérience académique et professionnelle, elle est reconnue pour son expertise approfondie en éducation. Son engagement envers la promotion du bien-être et de l'épanouissement des élèves l'a conduit à collaborer étroitement avec depistagescolaire.com.

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